Quantification de la nicotine et de ses métabolites dans l’urine par LC-MS/MS: utilisation des produits à base de tabac dans le sport
Objectifs
Ce projet propose de développer et valider une méthode de quantification de la nicotine et ses métabolites de phase I (cotinine, trans-3'-hydroxycotinine, nicotine-1'-N-oxyde et cotinine-1-N-oxyde) dans l’urine par LC-MS/MS. Un dosage comparatif est ensuite réalisé sur des échantillons biologiques afin de mesurer précisément la prévalence de la nicotine dans le sport. Cette étude devrait également permettre de déterminer le mode de consommation d’un individu, en distinguant le métabolisme de la nicotine sous forme de tabac fumé de celui du tabac non-fumé.
Introduction
La nicotine est le principal alcaloïde naturel présent dans les feuilles de tabac. Une grande variété de modes de consommation du tabac existent, soit fumé (cigarettes, cigares ou pipes), soit non fumé (tabac à chiquer, snus et tabac à priser). Ces multiples formes d’usage correspondent à autant de concentrations en nicotine et de voies métaboliques différentes. En effet, lorsque le tabac est fumé, la nicotine est rapidement absorbés par les poumons. Au contraire, lors de la consommation de tabac à chiquer ou de snus, la nicotine est essentiellement absorbée par la muqueuse buccale et dans une moindre mesure par l’intestin grêle lorsque de la salive est avalée.
La nicotine présente un effet stimulant, en augmentant le pouls et la pression artérielle, mais aussi la libération de sucre dans le sang et la libération d'adrénaline. La nicotine induit également des effets relaxant, en réduisant le stress, renforçant la vigilance et en améliorant la fonction cognitive. La consommation de nicotine sous forme de tabac non fumé peut donc être associée à la pratique sportive de par ses effets bénéfiques, sans les problèmes de santé généralement associés à la fumée. En effet, l'utilisation de snus et le tabac à mâcher est croissante, en particulier parmi les sports d'hiver tels que le hockey sur glace et le ski, mais aussi dans d'autres sports comme le football ou le basket-ball et même l’escrime ou le tir. Néanmoins, seule de vague estimations de ces modes de consommation ont été rapportés, ce qui conduit à une vaste sous-estimation de ce problème potentiel et à l'heure actuelle, cette substance ne figure pas sur la liste des interdictions 2009 de l'AMA (Agence mondiale antidopage), ni dans le programme de surveillance 2009.
Dans un premier temps, cette étude devrait permettre d’établir la prévalence d’utilisation de la nicotine chez une population d'athlètes et d’évaluer l’intervariabilité de cette consommation. Puis, il s’agira de développer un modèle d’inférence de source afin de distinguer le métabolisme de la nicotine sous forme de tabac fumé de celui du tabac non fumé. Ce modèle sera appliqué aux données recueillies chez les athlètes afin de déterminer le mode de consommation de chaque individu. Cela permettra aux autorités sportives de déterminer quelles sont les pratiques actuelles ainsi que leur popularité afin de considérer cette substance sous un angle nouveau à fin de lutte contre le dopage.
Méthodologie
- Analyse par LC-MS/MS des échantillons urinaires d’athlètes en compétition afin de déterminer les concentrations de nicotine, cotinine, trans-3'-hydroxycotinine, nicotine-1'-N-oxyde et cotinine-1-N-oxyde
- Détermination de la prévalence et de la dose de nicotine consommée pour ces sujets
- Développement d’un modèle d’inférence de source par des méthodes d’analyse statistique, afin de distinguer la consommation de nicotine sous forme de tabac fumé et non fumé
- Application du modèle aux données recueillies pour les athlètes en compétition afin de déterminer la tendance des modes de consommation.
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 Effets physiolgiques de la nicotine
 Métabolisme de la nicotine
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